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1 juillet 2023 6 01 /07 /juillet /2023 18:12

 

Li Jun Fan ou Li Xiao Long est une personnalité incontournable pour tout pratiquant d’arts martiaux que l’on fasse dans l’explosif ou dans le tranquille…. Il a marqué les esprits de toute une génération et a inspiré surement de nombreuses vocations.

Né une année du Dragon à l’heure du Dragon, son surnom « Xiao Long » lui va donc bien !

Et malgré ce beau nom chinois, Li Xiao Long, fils d’un comédien vedette de l’Opéra de Canton,  est américain : il est né dans le quartier de Chinatown, à San Francisco en 1940. Si je vous dis que cet homme était philosophe, artiste martial, acteur, réalisateur, producteur, scénariste et qu’il créa sa propre voie martiale, le « Jeet Kune Do »… peut-être aurez-vous deviné de qui il s’agit?

Bruce Lee !

 

Il semblerait que son prénom américain lui ait été donné par… une infirmière ! Mais, il n’en profitera pas tout de suite puisqu’il repart vers Hong Kong avec ses parents. Très tôt, il jouera dans des films hongkongais, introduit dans ce milieu par son père. Ce n’est qu’adolescent qu’il découvre la passion de sa vie : les arts martiaux.

S’il est passé par la case Tai Ji Quan, c’est le Wing Chun surtout qui va former sa technique grâce aux enseignements de Yip Man puis de William Cheung

 

Finalement, ses parents décident de renvoyer en Amérique ce fils turbulent et bagarreur, qui n’était pas sans ennemis… Bruce enseignera le Kung Fu dans les parcs et intègrera l’Université de Washington pour y étudier la philosophie.

Petit à petit son expérience personnelle et ses réflexions philosophiques le poussent à créer son propre art martial : « La voie du poing qui intercepte », le Jeet Kune Do, plus pratique, plus fluide que le Kung Fu, adapté au combat réel, où techniques de boxe anglaise, de self-défense, de Kali se côtoient. (Le JKD sera même enseigné aux Forces Spéciales américaines).

Suite à une blessure, immobilisé pendant six mois, il entreprend de mettre sur papier ses réflexions et croquis sur l’art du combat: « Tao of Jeet Kune Do ».

Il n’y a pas que le « petit » Bruce Lee bondissant et hurlant des films qui l’ont fait connaitre en Europe, c’est pourtant malheureusement souvent cette image qui domine… Bruce Lee est un vrai penseur.

« Absorbe ce qui t’est utile, rejette ce qui ne l’est pas, ajoute ta propre expérience »

Voilà  un bon résumé de sa pensée fondamentale…

Corps et esprit ne font qu’un et participent de l’Univers, on s’oublie soi-même, cette idée n’est pas nouvelle. Et la citation qui suit en rappelle d’autres plus anciennes :

« Vide ton esprit. Sois sans forme, informe, comme l’eau. Tu mets de l’eau dans une tasse, elle devient la tasse. Tu mets de l’eau dans une bouteille, elle devient la bouteille. Tu mets de l’eau dans une théière, elle devient une théière. L’eau peut couler ou elle peut tout balayer sur son passage. Sois l’eau, mon ami. »

 

Le Wu Wei, le non-agir reste la clé, pour faire face efficacement, on est relax, prêt à s’adapter, à accepter ce qui se présente. Pas de but ou de mobile, pas de calcul, le mouvement surgit du vide.

 

Pour cet esprit ouvert, il n’y a pas  un style de combat unique ou meilleur qu’un autre. Les techniques préétablies figent le corps et l’esprit. L’art martial est une expression de soi, pour cette raison se soumettre sans réflexion à une seule doctrine est un obstacle à l’épanouissement de la personne. Les techniques sont apprises pour être oubliées, ne plus avoir de techniques, c’est les avoir toutes et la réponse devient spontanée, automatique, libre.

Compréhension, expérimentation, simplicité permettent de développer une « auto-connaissance ».

 « Une fois que tu connais les racines, tu peux comprendre les bourgeons ».

 

Pour en savoir plus : le livre « Tao du Jeet Kune Do »…

 

 

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Published by Xiao Long - dans ARTS MARTIAUX
13 mai 2023 6 13 /05 /mai /2023 15:24

Les transcriptions :

Pour ce qui est de l'orthographe, on a un réel embarras du choix avec plus ou moins de consonnes: vingtsun, wingtsun, wingtsung, yongchun, wengchun, wyngtjun, vingtjun, wingtzun, wingtschun, etc…

Certains maitres créèrent leur propre appellation contrôlée, afin de se démarquer des enseignements traditionnels.

Enfin, bref…

🌼Wing chun signifie "poing du printemps" 咏春拳, (Yǒngchūnquanen en pinyin, je n’irais pas jusqu’à vous donner la version cantonaises et je n’ai pas la version en serbo-croate !! Désolée !)

Cet art martial est parfois désigné par 永春, traduits littéralement par « printemps éternel ».

Ces techniques nous viennent du sud de la Chine et se pratiquent à mains nues ou avec armes. Répandu essentiellement à Hong Kong et Taïwan, le Wing  Chun se propage en Europe et aux USA au XXème siècle: son efficacité en intéresse plus d'un et Bruce Lee, alors à son apogée, joue aussi un rôle non négligeable dans ce phénomène d'expansion (des arts martiaux chinois en général d’ailleurs aussi) .

 

Les origines :

Le wing chun aurait été créé dans la province du Fujian en Chine il y a plus de trois siècles. L'enseignement initial était bien sûr purement oral, de maitre à élève, comme cela se faisait traditionnellement … ce qui ne nous aide pas à la collecte d’informations « fiables »  !Comme souvent, en cas de doute, on a recours aux légendes !

 

Il y en a donc une (au moins)  sur les origines du Wing Chun : Yim Wing Chun, une jeune femme, refuse la proposition de mariage d’un grand seigneur local (mauvaise idée !). Celui-ci se déclare prêt à renoncer à ce mariage à une condition : Que sa future épouse arrive à le vaincre au cours d’un combat.

Yim Wing Chun rend alors visite à une nonne bouddhiste Ng Mui et lui demande de lui enseigner l’art du combat. Et  comme on pouvait s’y attendre, la jeune femme excelle et gagne le duel et… la liberté, ce qui lui permet d’épouser quelques temps après Leung Bok Chau, qui désigna cet art martial par « Wing Chun »… Bon, mais est-ce très historique ? Le doute est largement permis, mais l’histoire est belle !

Quelle qu’en soit l’origine véritable, le Wing Chun  fait bien partie des arts martiaux qui ont été mis en sourdine lors de la Révolution Culturelle (1966-1976). De nombreux Maitres dans cet art interne/externe combiné, quittent la Chine d’alors, développant différents styles de Wing Chun.

Cependant, c’est bien le style de Yip Man qui domine et ce grâce ses anciens élèves : Bruce Lee (1940-1973) qui devient une star internationale et Leung Ting . Né en 1947, élève privé de Yip Man, il devient instructeur 20 ans après et  favorise la diffusion du Wing Chun en structurant l’enseignement de cette discipline (uniformes, grades, diplômes…).  

Les principes fondamentaux du Wing Chun sont proches de ceux des autres arts martiaux et s’appuient sur la « non force » : économie de mouvement et d’énergie, l’information qui passe par le contact est plus directe que celle qui passe par l’œil ; toujours protéger son centre en attaque et en défense ; canaliser la poussée des bras vers l’avant ; utiliser la force de l’adversaire et la retourner contre lui ; dévier la force en défense et utiliser la ligne droite en attaque (céder, renvoyer)… Gêner l’adversaire ; utiliser la masse corporelle et non la force de frappe.

Les techniques : L’exercice au mannequin de bois, Mu Ren Zhang, 木人樁, est sans doute l’aspect le plus typique de l’entrainement Wing Chun.Ces techniques de mains sont très efficaces (Chi Sao 黐手).

Les techniques de jambes… aussi !  Les « jambes collantes » sont moins connues, mais permettent d’éviter balayages et autres tentatives adverses… désagréables !

Les armes de prédilection du Wing Chun sont celles qui correspondent à ses origines Hakkas. Ce peuple vivait au bord des lacs et des mers au sud de la Chine où pullulaient les jonques fluviales et maritimes. On y pratiquait le commerce en général et … en particulier aussi (sur les « bateaux fleuris » ou « bateaux à lanternes rouges »… qui n’étaient pas les derniers, contrairement à leur dénomination… Voir les écrits de Van Gulik).

🌸En cas de mésentente, on utilisait « la perche à la fleur de prunier », une perche de plus de 4 mètres de long qui servait à faire avancer la jonque (les gondoliers pratiqueraient-ils le Wing Chun à l’ombre des ponts du Grand Canal sans que nous le sachions?).

🦋La paire de « couteaux papillons » étaient assez répandues aussi: en fait, il s’agit d’une paire de sabre d’appontage pour que les (faibles) femmes puissent dénouer sans force les nœuds marins ou trancher une corde d’appontage en cas d’urgence ! En dehors de ce contexte, ils étaient faciles à dissimuler et… permettaient de … « trancher » rapidement en cas de litige !

Le commerce, quel qu’il soit, mais surtout clandestin, n’étant pas forcément de tout repos, ces « outils » pouvaient devenir des armes utiles et redoutables !

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Published by Xiao Long - dans ARTS MARTIAUX
15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 13:04

 

Le tàijí quán est un art martial interne, ça, on le sait… mais, il n’est pas tout seul !

Les arts martiaux chinois internes ne sont pas tous aussi « connus » que le tàijí quán, ils n’en sont pas moins intéressants et  connaitre leur existence ne peut pas nuire...

Bāguàzhǎng –八卦掌  - signifie « paume des huit trigrammes ». C’est un art traditionnel, « interne » donc, tout comme le tàijí quán. Cette boxe, originaire du nord, est  liée mythologiquement aux monts  Wudang.

*Bāguà signifie donc 8 trigrammes.

Les trigrammes sont des combinaisons de « traits ».  Tout vient du Taiji (principe) qui donne le yin  (représenté par deux petits traits – un trait discontinu) et le yang (représenté par un trait unique). Ces traits se combinent (par paires/ par trois –trigrammes-, par 6 –hexagrammes). Les trigrammes sont des symboles : par exemple le Ciel (3 traits yang) ou la Terre (3 traits yin)… et chacun de ces trigrammes correspond à une orientation, (Terre=Nord ou Ciel=Sud…)

Les hexagrammes, au nombre de 64, sont le fondement du yì jīng, le « Livre des mutations ».

Comme le tàijí quán ou le xíng yì quán - , 形意拳 - « poing de la forme et de l'intention » ,  le bāguàzhǎng ne désigne pas un style unique, mais plutôt une famille d'écoles qui ont des points communs et des différences. Comme il existe de nombreuses écoles et de nombreux maitres , les positions de mains peuvent varier par exemple, ou le pas…

Un certain nombre de principes sont toutefois communs; ils sont résumés dans un texte anonyme connu sous le titre de Shi Yao Ba Fa -  十要八法 autrement dit, les Dix ordres et les huit principes comme vous l’aviez parfaitement traduit...

 

PHOTO Xiao Long

Tout est rotation, pivot ; on tourne autour d’un axe et on tourne sur soi même, le mouvement reste fluide. Le déplacement est un pas glissé, le « pas dans la boue », l’image est parlante.

 

Personnalités :

On considère Dong Hai Chuan, né dans le Hebei (1797 ? - 1882), comme le fondateur de ce style. On ne sait que peu de choses sur cet homme, artiste martial et grand voyageur, a-t-il rencontré et étudié auprès de maitres ? A-t-il été moine taoïste ? Ou criminel notoire ?

Bref, flou artistique…

Il aurait vu pratiqué deux moines taoïstes dans les monts Jiu Gong. L’histoire veut qu’il ait été surpris par ceux-ci, outrés d’être ainsi observés sans leur accord… Il devient l’élève de l’un de ces moines et suivit pendant huit ans cet enseignement. Avant de reprendre ses pérégrinations…

Il forma bien sûr de nombreux élèves par la suite.

Aujourd'hui, maître Jung Yung-Hwan 8e duan et  maître Liu Jing Ru, 8° duan (Dragon d'argent) sont les deux personnages phares de la discipline.

 

PHOTO Xiao Long

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN ARTS MARTIAUX

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https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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