Vendredi 13 mai 2011
5
13
/05
/Mai
/2011
14:00
Tao Yin ou
Dao yin ou daoyin (on a l'embarras du choix!):
导引 signifie « guidage et étirement ». C'est une forme de gymnastique douce chinoise pratiquée dès
l’antiquité. Les premières références du Dao Yin se retrouvent dans des textes de 400 av. JC.
"Dao" signifie "diriger", au sens de "conduire l'esprit, la respiration et les mouvements", selon des principes précis : esprit calme, respiration profonde et régulière, mouvements justes
et fluides.
"Yin" signifie tirer, guider, dans le sens d'effacer les tensions dans le corps et l'esprit.
Peuvent y être associée à des
exercices respiratoires (tǔnà /吐纳) , des exercices de concentration mentale (cúnsī 存思), et une technique d’acupression (diǎnxué 点穴).
C’est l’une des nombreuses pratiques
visant à préserver ou à rétablir la santé et à "nourrir la vie" appelées yǎngshēng (养生). C'est l’un des précurseurs du
Qì Gōng actuel. Le
Dǎoyǐn est particulièrement liée à la culture taoïste, même s'il est aussi adopté par des moines bouddhistes.
Le terme Dǎoyǐn est mentionné dans le
Zhuang Zi qui cite aussi les figures du classique de l'ours (xióngjīng ) et de L’oiseau qui s'étire
(niǎoshēn) que l’on retrouve sous les Han dans le Jeu des cinq animaux (wǔqín xì 五禽戏). Un ensemble de quarante quatre Figures de Dǎoyǐn (Dǎoyǐn tú) a été retrouvé dans la
tombe N°3 de Mawangdui.
Différentes traditions bien sûr sont
apparues au fil du temps : le Dǎoyǐn attribué à deux Immortels de l’antiquité Chìsōngzǐ (赤松子) et Wáng Zǐqiáo (王子乔), la gymnastique respiratoire inventée par
le moine Jiànzhēn (dyn. Tang), le dǎoyǐn du moine Guǎngdù (dyn. Song) la série des « huit pièces de brocart » (bāduànjǐn
八段锦) attribuée par la légende aux généraux Zhongli Quan des Han ou
Yue Fei des Song et la Méthode Dǎoyǐn des personnes âgées » (lǎorén dǎoyǐn fǎ) créé par Cáo
Tíngdòng dyn. Qing... On voit une fois de plus combien les pratiques sont variées!
Le Dǎoyǐn est pratiqué de préférence en intérieur, isolé du sol par une natte, dans une
pièce ni trop vaste ni trop exigüe et de luminosité moyenne, pour préserver l’équilibre Yin/Yang. Le Dǎoyǐn est mentionné dans le Huangdi
Neijing, célèbre traité fondateur de la médecine chinoise traditionnelle, comme une bonne méthode pour prévenir, soigner et guérir différentes pathologies. Selon le principe taoïste,
sa pratique harmonise l'homme avec le ciel et la nature et lui assure la longévité (on peut toujours essayer, il n'y a rien à perdre et beaucoup à gagner...)
Pour un but thérapeutique, le moment de la journée et
la direction à laquelle fait face le pratiquant doivent correspondre à l’élément de la partie souffrante. Comme souvent, tout est très "codifié" et correspond à une logique
interne.
Selon Tao Hongjing, la période idéale pour tous les exercices est de 1 heure (un
peu tôt?) à 11 heures du matin, période où le souffle (qi) est à son apogée. La pratique corporelle qui en découle est
poétique et ludique, alliant à la fois symbolisme des noms donnés aux mouvements et une bonne connaissance des trajets des méridiens (au moins les principaux).
Tête légère, épaules relâchées( rien de bien neuf en
celà!), pieds stables dans le sol, dans l'attention plus que l'effort, on cherche à mettre le corps en mouvement, avec calme, précision et fluidité, afin d'effectuer un travail qui apporte
souplesse et détente, tout en développant ses facultés de concentration et de gestion du stress.
Les maîtres de la
discipline
Aujourd'hui, la méthode du Docteur Mian Sheng Zhu, à Paris, reprend fidèlement ces principes issus de la Chine taoïste et bouddhiste. Sa pratique s'inspire du Huangdi Neijing et plus
particulièrement du "Suwen" (chapitre 22).
Mian Sheng Zhu est
professeur de médecine chinoise à l'université de Pékin et de Yunnan. Docteur ès sciences humaines à l'université de Paris-Nord, elle est également responsable de l'enseignement du
diplôme universitaire de médecine chinoise de la faculté de médecine à Bobigny. Elle a créé la méthode "Zhang Qi Fa Shi Gong".
Zhang Guand De est
professeur à l'université d'éducation physique de Pékin. Il a obtenu le prix national de la recherche scientifique en 1992.
Il est, par ailleurs, Grand maître des Arts martiaux en
Chine, huitième grade de Wushu en 1998. Il a créé, en 1972, le "Yangsheng Taiji" et le "Dao Yin Yin Yang Sheng
Gong". Sa méthode, enseignée dans les universités de médecine chinoise traditionnelle, est diffusée actuellement dans plus de vingt pays.
Zhang
Jian, son neveu, diplômé de l'université d'éducation physique de Pékin, est l'un de ses plus proches disciples.
Grands principes du Dao Yin:
-
Le Yin et le Yang.
-
Les Wu Xing (les cinq agents) : Terre, Métal, Eau,
Bois, Feu.
-
Les douze méridiens principaux.
-
Les clés de la longévité :
Concentrer l'esprit-cœur ; régulariser la respiration ;
guider et harmoniser l'énergie ; assouplir le corps.