Samedi 19 mars 2011
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Nous ne sommes pas habitués à considérer le corps et l’esprit comme une entité. Pour nous, il y a surtout
d’un côté l’esprit (au sens de « facultés intellectuelles ») et de l’autre côté (accessoirement) le corps. L’esprit est privilégié dans notre civilisation. On le cultive, on le
bichonne, on essaye de l’ouvrir, on y amasse des connaissances. On a l’impression qu’il peut tout contrôler, qu’il règne en maître et cela nous rassure. Il est capable de tout ranger dans des petites cases, rien ne traine au hasard, rien ne déborde, tout est aligné. Cet immatériel classe tout le matériel, et
tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… L’esprit est donc indépendant du corps.
Ce corps n’a que peu d’importance, il faut croire… D’accord, on s’en occupe
aussi, « car on le vaut bien ! » : on le fait bouger pour qu’il soit beau, on le masse, on le « nourrit » de régimes pour qu’il soit svelte, on le crème pour
qu’il soit beau, on le lifte, on le maltraite (!) pour qu’il soit beau. Bref, on s’en occupe… en surface, c’est tout ce qu’il mérite : un peu de polish sur la carrosserie… Il est tout propre
et il brille !
Alors parfois, il se rappelle à nous, nous fait souffrir, et là on se dit que peut-être on
devrait soulever le capot et « regarder » un peu à l’intérieur… Comme pour les voitures, plus on avance, plus les bougies s’encrassent - et les souffler chaque année n’arrange rien –
Alors, on conduit sa voiture au garage-médecin et hop ! En deux coups de clé anglaise et un petit coup de marteau (bambou aussi des fois !), on est remis sur nos roues… pour quelques
temps seulement… car le plus souvent ce n’est pas du matériel qu’il faudrait s’occuper, mais de l’immatériel…
Dans certaines philosophies comme le bouddhisme par exemple, corps et esprit sont interdépendants. L’individu est dans cette
optique un ensemble d’agrégats impermanents : le corps, les sensations, les perceptions, la conscience et l’intention. L’esprit ne se « délie » du corps qu’une fois le nirvana
atteint… (Mais bon, ce n’est pas tout le monde et ce n’est pas tous les jours…)
Pourtant, on sait combien le mental joue un rôle sur la santé, sur le corps. Et on sait que
lorsque le corps éprouve du bien-être, l’esprit se détend et se calme. Mais, pris au milieu de la tourmente des jours qui se succèdent et apportent leurs quotas de problèmes, on oublie un peu
l’essentiel.
Heureusement, le Tai Ji Quan, le Qi Gong sont là ! (c’était notre pause publicitaire…).
Grâce à ces pratiques, nous pouvons redécouvrir notre corps-esprit, apprendre à le mouvoir harmonieusement dans l’espace, à le laisser libre de ressentir ce qui l’entoure, ce qui le constitue. La
respiration retrouve (aussi – enfin) sa place et fait le lien entre les deux pôles : on est calme, en prise directe avec « l’ici maintenant - et le reste attendra »…
Je vous livre le proverbe chinois préféré de Xiao Long :
« Le corps parcourt l’espace et l’esprit se
libère. »
Ainsi qu’un extrait d’un entretien avec G.Manzur :
« Corps et esprit sont une même manifestation du chi, ils ne peuvent être séparés ; c’est pourquoi le tai-chi est à la fois une
pratique de l’esprit et du corps. Quand l’esprit est apaisé, il envoie des signaux d’apaisement au système nerveux, qui répond aussitôt : les tensions musculaires et nerveuses disparaissent, le
calme s’installe dans le corps et l’esprit. Et l’inverse est aussi vrai : un corps détendu agit sur les tensions du mental. C’est le grand principe de la médecine chinoise : faire en sorte que
l’énergie circule de manière égale dans tout l’être, permettant ainsi à chaque organe de fonctionner sans parasitage. »
http://www.psychologies.com/Bien-etre/Relaxation/Pratiques-energetiques/Interviews/Entretien-avec-Gregorio-Manzur-Le-veritable-esprit-du-tai-chi